Bashung forever

Bashung : 5 ans déjà (mise à jour 2014)

 

Le 14 mars 2009, Alain Bashung, géant musicien éternel, nous quittait, emporté par un salaud de cancer des poumons, nous laissant tous orphelins de cet artiste qu’on admirait tant, me laissant orpheline de mon idole absolue depuis l’enfance. Depuis la fin des 70’s et le début des années 80, il régnait sur le rock-blues français tel un prince indétrônable, suscitant respect et adoration. Il en est le roi aujourd’hui. Pour ses textes d’une sensualité indéniable, il savait s’entourer de poètes aussi poignants que lui, Boris Bergman, Jean Fauque son ami de toujours, Gérard Manset… Il collaborait musicalement avec les plus grands. Il savait, à chaque album, se renouveler, tout en restant lui-même : authentique, sensible, fort et fragile à la fois. Il avait cette aura mystérieuse et puissante, toute en humilité, de poète écorché vif et de musicien égaré, acteur à ses heures.
Même jusqu’à ce que la maladie l’agrippe, il était sur scène, offrant à son public une tournée mémorable de son ultime album (et quel album !), Bleu Pétrole. Tout donner à ses fans, c’était là son carburant, sa plus belle lutte : il ne voulait pas s’enfermer dans sa chimio et attendre que la faucheuse passe. Il voulait se nourrir de l’amour et de l’énergie positive de son public, de la scène, encore et toujours.
Jusqu’à son dernier souffle, 15 jours avant son décès, il était sur scène devant un parterre ému de la profession, Résident de la république, recevant comme un dernier hommage de son vivant, 4 Victoires de la Musique, fin février 2009. Il en est toujours le plus grand détenteur à ce jour avec 11 Victoires de la Musique gagnées tout au long de sa carrière. Il ne voyageait pas en solitaire, oh non, il nous donnait tout ce qu’il pouvait, de ses concerts avec ses musiciens de génie, on se souviendra toujours.
Longtemps avant sa maladie, sa Tournée des Grands Espaces nous a emmené dans les contrées lointaines de sa noirceur assumée, de sa voix âpre et profonde, il nous emportait nous transportait, par delà-les abîmes par dessus les vergers, maître de scène délaissant les grands axes, tel un grand cowboy vêtu de sombre, au charisme fou, à la pudeur palpable, à l’évidente générosité.
Alain Bashung était, et restera, mon artiste français favori, mon idole éternelle, mon tout, mon Roi, ma Fantaisie militaire, mon Dimanche à Tchernobyl, celui qui seul sait me faire vibrer comme ça, celui qui à jamais aura accroché mon coeur de musicienne-auteure. Aucun express ne m’emmènera vers la félicité, sinon toi. Repose en Paix. On ne t’oublie pas…. Et que ne durent que les moments doux…

Tournée « Bleu pétrole » vidéo du concert complet – @ Olympia 2008 :

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« La Tournee Des Grands Espaces », extrait – @ Bataclan 2003

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Extrait d’un article du fanzine Longueur d’Ondes en 2007, avec interview / par Bruno Aubin (photo Pierre Wetzel) :

« A l’aune de ses albums, il n’existe pas un, mais des Bashung. Artiste caméléon empli de mystère(s), l’homme a connu plusieurs destinées artistiques selon les décennies : les tentatives avortées de s’imposer dans les sixties, un premier album renié en 77 (« Roman-photo »), le rocker perfecto de « Gaby », des années 80 synthétiques alimentant une nouvelle vague fondatrice, un retour « Osez » aux origines du blues, enfin trois albums (« Chatterton », « Fantaisie militaire », « L’imprudence ») qui l’ont hissé au sommet de l’exigence et de l’unicité. Bashung est devenu un maître étalon de la création, une référence suscitant respect et admiration, tout en conservant une aura de chanteur populaire, entretenue à grands coups de tubes non formatés. »

http://www.longueurdondes.com/2007/07/01/alain-bashung/